Mercredi 8 septembre 2010 3 08 /09 /Sep /2010 03:16

 

C’est une histoire d’amour. Une histoire comme les autres sans prétention… juste celle de vivre.

Lui. Pas si jeune. La trentaine passée, deux enfants qu’il ne voit pas grandir. Il se dit toujours qu’il aura le temps, quand ça ira mieux, que ce boulot c’est temporaire, mais il y passe ses jours, ses soirées, rentre quand tous sont couchés. Sa femme ne l’attend plus, c’est tout juste s’il lui reste une part du repas sur la table.

 

Mercredi soir,  notre homme rentre d’une journée épuisante. Il rêve d’enfants qui lui sautent dans les bras, d’une femme qui lui sourit et l’embrasse. Mais il y a des mois que les bras ne portent plus, les sourires se sont fermés, que les baisers se sont envolés, souvenirs de jours plus heureux… Il fait froid, l’hiver est à nos portes. Il frissonne en entrant chez lui. Même le couloir est sombre, il n’allume pas, à quoi bon ? Il retire ses chaussures discrètement, pose sa veste et son cartable. La cuisine, au fond du couloir, à gauche. La petite lumière de la gazinière éclaire faiblement la pièce. Le chat miaule paresseusement, tourne sur lui-même et se remet en boule, comme un « salut » bref entre deux rêves. Dans la casserole, quelques restes d’un souper indéterminé. Pas d’assiette, pas de couverts. Comme s’il n’était déjà plus là, comme s’il n’existait plus.  Un fantôme dans sa propre maison.

 

La chambre des enfants, la porte entrouverte sur un monde merveilleux ensommeillé. Les veilleuses brillent dans le noir, laissant apparaître deux formes sombres, dans le même lit. Une respiration régulière, une seule à l’unisson, se mélange au silence, sans le perturber… Ah, comme il aimerait s’assoir sur ce lit, venir les réveiller, les secouer, les embrasser. Il voudrait leur dire, debout, je suis là, Papa est là, les chatouiller, les mordiller, les croquer et les voir rire à n’en plus pouvoir… être un père, leur père, leur montrer à quel point il les aime et comme il regrette de ne pas pouvoir être avec eux tous les jours et tous les soirs… Mais c’est pour eux qu’il se tue au travail, pour eux qu’il accumule les heures, pour pouvoir leur offrir le meilleur. C’est un sacrifice qui lui semblait nécessaire, pour le moment… Mais ce soir, il doute, doute de tout, de lui, de son but, de sa vie. Il se sent mort dans sa vie…

 

Leur chambre à eux. Eux ? Deux inconnus qui partagent un lit sans jamais s’y croiser. Comment les nuits sont-elles devenues si solitaires ? Quand a-t-elle refusé ses bras, ses baisers sans le cou, ses caresses dans les cheveux pour lui dire qu’il était rentré ? Depuis quand ne se lève-t-elle plus pour ne pas le croiser avant qu’il parte. Depuis quand se couche-t-elle si tôt, ou est-ce lui qui rentre trop tard ? Il ne sait plus. A quand remonte la dernière conversation, sérieuse, pas un « tu ramèneras de la litière, il y en a plus ? ». Quand lui a-t-elle dit « je t’aime » la dernière fois ? Il ne sait pas. Ils ne se voient pas, hors de ce lit, ce sont des mots lancés entre deux portes, pour le pratique, pas de regards, pas de frôlements. Il l’a perdue un jour, au détour d’une promotion. Elle n’est pas partie, mais n’est pas restée non plus, et lui n’a pas compris tout de suite. Il a laissé faire, il n’a pas voulu voir, pas voulu comprendre… Et aujourd’hui… c’est trop tard, il le sent, mais n’ose pas en parler, de peur d’amorcer ce qu’il redoute. Et laisse la situation s’aggraver, seule.

A suivre…

 

Par Dalie - Publié dans : Pages d'écriture - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /Sep /2009 18:01

26 mai 2009

Ma toute petite, te voilà hurlant et pleurant. Nous t’avons dit non, un non que tu avais balayé d’une moue hier, qui aujourd’hui est devenu le drame qui te déchire. Tu jettes tout ce qui passe à ta portée, tu cries, ce cri strident que tu sais nous déchirer les tympans. Tu tapes des pieds, tu nous tapes si nous sommes près de toi. Comment devons-nous réagir ? Que faire pour te calmer, calmer nos nerfs de plus en plus à fleur de peau… Toute cette violence en toi que tu ne contrôles pas, tu n’as que 3 ans et tu es entière dans tes émotions…

Nous aurions la solution de facilité, face à une « crise », nous pourrions te dire d’aller dans ta chambre te calmer, t’envoyer loin de nous… Nous pourrions aussi te donner une fessée, tu l’as bien méritée, comment oses-tu réagir à un non définitif ? Comment oses-tu nous taper, comment oses-tu jeter les choses, petite insolente ! Et ces cris ? On ne crie pas, on n’hurle pas. Non mais. Faut pas se laisser faire...

Et puis il y a ces livres un peu hippies… Ces livres qui envahissent la bibliothèque depuis ta naissance. Ces livres qui soulèvent  de nombreuses questions et imposent des remises en question. Il y a ce que la plupart des parents font, ce qui est admis communément sur l’art et la manière d’élever (de dresser) un enfant. Il y a comment nous avons-nous-même été (bien) élevés.

Un jour, je t’ai frappée. Enfin, un jour, je t’ai donné ce que des milliers d’enfants reçoivent  10 fois par jour.  Tu allais donner un coup à ta sœur, bébé de quelques mois, tu étais en crise, la fessée est partie toute seule.  Et ton regard…. Jamais plus je ne veux le voir. A la crise initiale, s’est ajoutée la crainte de te faire taper par ta maman, celle en qui tu avais confiance pour t’aider à te calmer.  J’ai mis des mois à déculpabiliser. Tu n’en n’as aucun souvenir.

Du coup, j’ai creusé. Pourquoi donner des fessées. Pourquoi frapper. Pourquoi vexer. Pourquoi forcer à calmer les pleurs. On dit de laisser pleurer les bébés, mais on refuse le droit de pleurer à un enfant dès qu’il tient debout… L’éducation classique est pleine de contradictions… Et adultes, on se cache, on tait ses émotions, on devient des bombes à retardement qui emmagasinent leurs émotions jusqu’à explosion.

Loin de moi l’idée de faire un procès à l’éducation admise. Mais elle ne nous convient pas, ce n’est pas nous, ce n’est pas comme ça que je serais à l’aise de t’aider à grandir.

 Tu es là en train de pleurer et je ne sais que faire.

Mes livres m’apprennent à écouter ta rage et ta frustration.

Purée c’est dur de te voir hurler. J’ai envie de t’enfermer dans ta chambre et de ne plus t’entendre. Je déteste te voir comme ça. Moi aussi j’étais comme ça, petite.

Écouter ta frustration. Refléter tes sentiments.

«  Tu avais très envie d’avoir un biberon avant le repas. 

-Ouuuuuuuuuuuuuuuiiiiiiiiiiiiiiiiiiioooouiiinnnnn

-Ah, et tu es en colère parce que maman ne veut pas. 

-Non je suis triiiiiiiiiiiiiiissssssssssssttttteeee. Je veuuuxxxx !»

Je sais pas quoi te dire.

Accompagner tes pleurs pour que tu saches que même en cas de désaccord je suis là et je t’aime.

Je te prends dans mes bras en silence.

Tu te blottis contre moi et te calmes.

« Pardon Maman d’avoir jeté mes affaires ! Je peux avoir un pain et du kiri ? »

Par Dalie - Publié dans : Plumes de Vie
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 13:19

Bon.

Un ordi hésitant, un  bébé qui va se réveiller à tout instant. La tête dans un étau, la gorge serrée. Rien qui me dispose à écrire. Mais mes histoires vont me rendre folle. Il FAUT que je me discipline et que j’écrive… Tout le temps se promener avec un carnet, un crayon.

Ci-dessous ma première nouvelle...

 

Elle se souviendra toujours de cette journée. Chaque détail, chaque morceau s’est ancré dans son esprit, comme figé dans le passé. Son rire quand elle voit le bébé marcher d’un pas hésitant. Les premiers pas d’un bébé, émouvants et comiques à la fois. La robe de sa fille, qu’elle trouve trop légère pour la saison. Va mettre un pull. Mais non maman, j’ai pas froid ! Prends le quand même avec toi, on ne sait jamais…

Non, on ne sait jamais. On ne sait jamais ce qu’il va se passer. On ne sait jamais qu’on peut voir sa vie basculer à tout instant. Enfin… On le sait, mais on ne veut pas le savoir. Il y a toujours des mails qui circulent avec ces histoires tragiques, avec toujours la morale à la fin. N’oubliez pas de profiter de chaque instant. A-t-elle profité de chaque instant ? Ces chaînes de mails qu’on lit de travers, comme déjà lues une centaine de fois avec des variations. Ces chaînes qui nous rappellent qu’on ne sait décidément jamais.

La journée était tellement parfaite. Un rayon de soleil se glissait sur le lit où sommeillaient quatre corps bien au chaud sous la couette… Un éclat de rire, Bébé et Puce qui se réveillent et se blottissent contre leurs parents. Un petit déjeuner sous la bonne humeur, que va-t-on faire aujourd’hui ? L’Homme qui doit d’abord aller à un rendez-vous, propose à Puce de l’accompagner. Puce, qui adore son père, accepte les yeux brillants…

Elle. Elle, observe la scène aujourd’hui d’un œil extérieur. Elle se voit dire dans un sourire que c’est une très bonne idée. Elle-qui-se-souvient veut leur crier de ne pas partir, mais Elle-qui-ne-sait-jamais, leur dit au revoir de la main, avec Bébé dans ses bras… Elle-qui-se-souvient court après la voiture, mais Elle-qui-ne sait-pas rentre avec Bébé pour vaquer à ses occupations de jeune ménagère de moins de 30 ans. Elle-qui-aurait-voulu-ne-pas-se-souvenir reste derrière, à regarder la poussière retomber après le passage de la voiture.

Elle avait passé un bon moment à jouer avec Bébé à cache-cache, riant aux éclats devant sa petite moue surprise quand elle apparaissait. Un jour comme un autre, où l’on préfère passer du temps à s’occuper de bébé plutôt que faire le ménage. Les bébés grandissent tellement vite. Puce allait avoir déjà 4 ans, une vraie demoiselle. Elle jouait son rôle de princesse tellement au sérieux. Le monde était encore merveilleux, et Elle ne voulait pas enlever à sa fille ses rêves… Pour ses enfants, Elle aimait créer un monde fantastique, peuplé de marraines-fées, de princes-crapaud, d’animaux parlants, de jouets vivants lorsque personne ne les regarde. Ce monde, Elle-même avait fait le vœu à 10 ans de toujours s’en souvenir, et elle aimait l’offrir à travers de belles histoires.

Bébé s’était endormi après s’être entrainé à petits pas à traverser le salon. Le téléphone sonna. Irritée, de peur que la sonnerie trop stridente réveille Bébé, elle courut vers l’appareil. Peut-être aurait-elle du laisser sonner. Peut-être que si elle avait débranché le téléphone, personne ne lui aurait annoncé de mauvaises nouvelles. Peut-être qu’avec des si on referait le monde, mais peut-être que si elle changeait ses souvenirs, tout serait différent ?

Une voix qu’elle ne connait pas. Une voix lui demande si elle est Madame… ? Oui, enfin presque, nous ne sommes pas encore mariés ! Petit rire nerveux, la voix ne rit pas avec elle. Madame. J’ai le regret de vous dire qu’il y a eu un accident. Un accident ? Image de la voiture dans le fossé. Comment vont-il ? Où sont mon homme et ma fille ? Je regrette Madame, il faudrait que vous veniez. Venir où ? Je n’ai pas de voiture, j’ai un bébé. On va vous envoyer quelqu’un. Il va falloir être forte Madame. Je regrette. La voix s’est tue et un silence glacial lui a succédé. Que regrette la voix ? Pourquoi ne lui dit-elle pas où ils sont. Son cœur bat trop vite, elle doit s’asseoir. Elle raccroche. Ses membres tremblent, mais aucune réaction ne semble la traverser. Hébétée, elle se répète en boucle la Voix. Etait-ce un homme, une femme ? Elle n’en sait rien. Ces informations ne semblent pas être pour Elle. Elle se ressaisit et se lève. Plus d’une demi-heure a passé depuis que le téléphone a sonné. C’est drôle, tiens, je n’ai pas vu passer le temps. Il va falloir faire à manger vite, avant qu’Ils reviennent. Elle se met à table, épluche les légumes, s’active pour faire un repas qui leur ferait plaisir. Puce sera contente, puis tiens, si je faisais un gâteau ?

La sonnette, cette fois, c’est la porte, retentit. Une légère irritation. Que peut-on me vouloir ? J’ai un gâteau à faire !

Madame… ? Elle connait cette Voix, elle l’a déjà entendu quelque part. Elle sourit, oui, que puis-je faire pour vous? Je viens vous chercher, vous pouvez me suivre s’il vous plait ? Où est votre bébé ?

Mais Elle refuse de comprendre. Refuse de le suivre, cet inconnu qui semble en savoir bien trop sur elle et sa vie. L’homme est triste, un visage trop triste pour cette parfaite journée, un visage qui la dérange, un visage qu’elle n’aime pas. Elle ne comprend pas qu’il vienne perturber sa journée, elle qui est en train de préparer le repas pour ceux qu’elle aime. Comment ose-t-il ? Furieuse maintenant, elle décide de lui claquer la porte au nez. Mais l’homme triste sonne à nouveau. Il parle, parle de son Homme a Elle, de Sa Puce. Parle de ceux qu’elle aime. Elle refuse d’entendre et retourne à sa cuisine.

Elle-qui-se-souvient ne comprend pas comment elle a pu finir son plat, faire son gâteau, sans répondre à la porte ni au téléphone si longtemps. Elle avait débranché le fil pour ne plus être perturbée, et ignoré les coups de sonnette qui finirent par se taire. Le bébé s’était réveillé, elle lui avait donné son repas et avait attendu les autres pour pouvoir commencer à manger avec eux. Le plat était froid sur la table, les 3 assiettes étaient restées vides, mais elle était passé à autre chose, un jeu avec bébé, un téléfilm à l’eau de rose, une lessive… L’après-midi touchait à sa fin, et Elle ne réagissait pas.

Le soleil commençait à décliner, lorsque quelqu’un frappa à sa porte. C’est Maman, es-tu là ?

Maman ?

En la voyant, Elle comprit que cette parfaite journée était finie.

 6 septembre 2009

 

Par Dalie - Publié dans : Pages d'écriture - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Jeudi 23 octobre 2008 4 23 /10 /Oct /2008 00:31
1985
Elle a 5 ans. Cachée sous la couette elle écoute avec délice les talons qui claquent sur le plancher. Les talons s’approchent du lit et elle sent quelqu’un s’asseoir à côté d’elle. Elle sort la tête brusquement
-Coucou !
-Chut ! Il est temps de dormir ma princesse…
Maman-Douceur est là, elle est belle et sent le maquillage quand elle se penche. Ses bijoux cliquent, elle a de grands yeux bleu tendre. Maman-Reine sort ce soir, son parfum se pose sur l’oreiller de Léa quand elle l’embrasse.
-Mais j’arrive pas à dormir…
-Ferme les yeux et allonge toi correctement.
-Mais je veux une histoire, celle du prince Pipo !
-Pas ce soir, ma puce, mais si tu ne peux pas dormir, on va faire la poupée de chiffon, d’accord ?
-Oui maman mais tu la fais avec moi !
-Allonge-toi au milieu du lit…
-Maman ?
-Chut, la poupée a besoin de calme. Tu es une poupée de chiffon… Tu ne sens plus tes jambes, tu ne sens plus tes bras. Fais voir comment tu ne sens plus tes bras ?
Maman prend délicatement la main de la petite et la relâche, la main tombe mollement sans résistance. Léa est heureuse de bien réussir à faire la poupée, et s’applique tellement à ne rien ressentir qu’elle

vient de rater son bus. Et merde, marmonne t-elle en écrasant sa cigarette du pied tout en faisant signe au chauffeur qui ne la voit déjà plus. Tant pis elle ira à pied. Ses jours ci de toute façon rien ne se déroule comme prévu… Les examens s’enchaînent, il faut écrire une petite scène pour son cours de théâtre mais les idées ne viennent pas. Georges, le prof lui met la pression en lui rappelant qu’elle doit assurer pour obtenir la bourse qui lui permettra d’entrer dans une bonne école.
Le boulevard des 50 otages est rempli en cette après midi d’automne. Léa marche d’un pas vif tout en s’allumant une autre cigarette. Ses pensées vagabondent à nouveau vers son enfance et le temps béni de ses 5 ans ou ses seules préoccupations étaient de plaire à ses parents… Elle regarde les feuilles jaunes et orangées des arbres se tasser sur le trottoir et

 Se précipite dedans pour les faire s’envoler à nouveau. Aujourd’hui c’est mercredi, on va au parc avec la nounou. Pour une fois elle est gentille celle la. Comme papa et maman travaillent pour gagner des sous pour avoir des beaux jouets, il faut quelqu’un pour s’occuper de Léa. Même si elle est assez grande pour faire des choses toute seule, ils ont dit que c’était OBLIGE qu’une nounou vienne. Alors ça veut dire ne pas discuter. Des fois les nounous sont gentilles et des fois non. Une fois c’était un monsieur nounou. Il avait des cheveux orange et longs comme une fille ! Mais il avait une guitare et puis il jouait plein de belles chansons elle aurait bien voulu qu’il vienne d’autres fois mais elle ne l’a jamais revu. Une autre fois c’était une dame trop bizarre et trop méchante. Elle a forcé Léa à faire la sieste alors qu’elle la fait jamais d’habitude et comme elle dormait pas elle lui a fait copier des lignes alors que Léa sait même pas encore lire. Du coup la petite a fait comme le Grand Schtroumf a la télé… elle a fait des lignes un peu ondulées sur toute la page et même de l’autre côté et quand elle a fini, elle a rien dit. De toute façon la dame pouvait pas comprendre parce que c’était écrit en Schtroumf. Quand la nounou a vu ça elle a fait une drôle de tête et a juste dit ‘monte dans ta chambre je veux plus te voir ! ‘ Pff ! Elle était vraiment nulle.
Mais aujourd’hui celle la l’emmène au parc, et on va pouvoir faire de la toile d’araignée. C’est un peu dur de monter tout en haut, des fois ça fait un peu peur mais quand il y a les autres de la maternelle on fait le premier qui va en haut et du coup on pense pas à avoir peur. La nounou lui enlève son petit anorak rouge pour qu’elle soit plus à l’aise et un coup de vent

La ramène à la réalité. Ses longs cheveux qu’elle laisse vivre depuis presque 3 ans lui fouettent le visage, l’air se refroidit soudainement. Un homme en face se resserre dans son imper gris, une sacoche noire tenue fermement contre lui comme si elle allait s’envoler.
Déjà arrivée à Commerce, les gens grouillent autour d’elle tous si pressés de vivre… Devant la Fnac toujours le même spectacle. Des ados assis sur les marches, attendant que le temps passe. Des jeunes debout devant, scrutant autour si leur rencard arrive.  Des familles qui sortent du magasin, tous le même sac à la main… Les SDF avec leurs chiens dans un coin à gauche, attendant le premier pigeon pour lui vendre leur merde ou lui soutirer un peu de fric. Il y a tous les jours des sondages, des vendeurs de poèmes pour les sans-abri, des lycéens et des monsieur d’affaires qui se croisent sans se voir, des belles dames chics qui vont juste prendre un café, des collégiennes qui vont au ciné… Si on s’approche du Mac Do on rencontrera des gitans d’à peine 15 ans, qui se colleront à vous pour avoir une pièce ou deux, quand ils ne vous observent pas faire votre code au guichet automatique. Le cœur de Nantes bat ici à travers toutes ces personnes qui circulent Place du Commerce, un mélange de couleurs qui fait sa richesse.
La pluie commence à tomber à grosses gouttes, Léa franchit la porte du Café de La Bourse juste à temps….
Par Dalie - Publié dans : Histoire de Léa - Communauté : jeune auteur et compositeur
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /Oct /2008 23:56

Écrire… toujours la même envie qui me tient… par paresse, je n’aurais jamais le temps de tout mettre en forme, de finir toutes les nouvelles qui attendent de sortir de ma boîte à idées. Cette boîte, sans cesse se remplit au fil des évènements de ma vie, mais par quoi commencer?

 

Sarah est le nom de la Dame Blanche. Celle la même qui vous fait peur lorsque vous êtes perdus en compagne, en voiture, en pleine nuit. Selon les légendes, elle peut se trouver au détour de la route, ou bien vous pouvez entendre sa voix glaciale dans votre poste de radio. On dit que celui qui la voit ou l’entend est amené à avoir un accident peut après, mais alors, qui donc est revenu de sa rencontre pour nous raconter tout ça? La Dame Blanche, rien que ce nom est effrayant et me donne la chair de poule. Je ne crois pas qu’elle cherche à tuer, mais juste à prévenir. Mais les gens trop effrayés doivent accélérer pour rentrer chez eux bien au chaud et provoquent sûrement inconsciemment l’accident qui les tuera… La première fois que j’ai vu des apparitions, j’ai plaidé la folie. Voyons, connaissant mon imagination encore infantile, ça ne pouvait être qu’un rêve… Mais voilà, l’apparition a commencé à avoir un nom, entendu comme un chuchotement dans mes pensées,

(Sarah)

comme pour se fixer dans mon inconscient. Je l’ai vraiment vue plus qu’aperçue un soir –quel cliché ! - au pied de mon lit, jeune fille brune, très blanche, les yeux noirs enfoncés dans la tête. Ses cheveux noirs, longs et mouillés collaient sur sa peau, comme autant de serpents. Sa robe, ou chemise de nuit, blanche, en loques…Peur, cœur qui bat trop vite, j’ai l’impression de regarder un film d’horreur dont je serais l’héroïne.

(Sarah)

Comme un écho son prénom résonne dans mon esprit apeuré. Je l’avais déjà ressentie,  elle était la depuis plusieurs semaines déjà, a attendre le bon moment pour se manifester. Mais entre se sentir toujours observée et entre voir qui vous accompagne réellement, il y a un fossé que j’aurais préféré qu’elle ne franchisse jamais. Ça n’a duré que quelques secondes, mais assez pour me terroriser. Elle n’a jamais bougé, jamais parlé. Elle était juste la. Trop présente pour être un rêve, trop absente pour être vivante.

Je pense aujourd’hui que ces apparitions étaient la conséquence de mon état dépressif. Suicidaire, je n'avais plus goût a la vie … plutôt que d affronter une réalité triste, je me suis créé une bulle d’imagination. Je pense aussi que c’est ce qui a contribué à m’en sortir.

Par Dalie - Publié dans : Paranoïa
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